JEUNES EN DIALOGUE –JEUNES EN RUPTURE…

Le 3 mars 2015 avait lieu au Prieuré Saint Benoît d’Étiolles cette conférence avec François Le Clère, directeur général du Valdocco (une association qui s’inspire de la démarche de Dom Bosco pour aider les adolescents fragiles dans leur moment de crise). François Le Clère, après avoir été éducateur spécialisé, termine actuellement une thèse de doctorat en sciences de l’éducation. Sa pratique de « recherche-action » nous aide ce soir-là à approfondir les étapes de la désaffiliation sociale des jeunes et, partant de là, à entrevoir quelques chemins de la relation éducative.

Quatre étapes significatives sont à repérer dans la désaffiliation sociale des jeunes

L’école qui, à un moment donné, n’est plus un lieu d’inscription. Le jeune joue avec le dedans et le dehors de l’école et du coup fait bouger ses relations avec les copains, la famille, le quartier, et tout autant ses valeurs de vie. L’objectivité d’un conseil de discipline ou d’une orientation n’est pas toujours suffisante pour gérer ce plaisir et ce risque de jouer avec le cadre scolaire. Dans une deuxième étape, le jeune se libère donc de l’école, avec cette envie de découvrir le monde. Il pourra faire des C.V. pleins d’espérance pour entrer dans le « vrai monde » et même se présenter à 2 ou 3 pour obtenir un travail. Ce n’est pas la meilleure façon ! Mais la croyance que ce monde là lui donnera de la place et du travail prime sur la désillusion qui ne manquera pas et avec elle la violence où il est facile de dire « ça ne sert à rien, laisse tomber ». La troisième étape, c’est le temps des désillusions. Les institutions sont compliquées et inadaptées, l’adulte est a priori mauvais. Quand on a moins de 18 ans, être obligé de fonctionner comme un adulte, ce n’est pas possible. L’école a toutefois laissé des traces, les parents ne sont pas inutiles pour gérer ce temps devenu libre, on se débrouille avec elle et ses exigences. Dans le quartier, les marchés parallèles donnent le goût du trafic et de l’argent facile. On parle ici des « désespoirs acquis ». Les capacités d’agir s’amenuisent, les problèmes avec la police et la justice sont là. Dans la quatrième étape, la marginalisation sous de multiples formes s’installe. Ce processus en 4 étapes ne dit pas tout, loin de là, mais il aide à comprendre les processus qui se mettent petit à petit en place et qui, bien sûr, déterminent des actions éducatives possibles.

Quelques chemins de la relation éducative

Il n’y a pas de méthode miracle, mais plutôt des accents et des repères à ne pas oublier. Ceci d’abord qu’il faut réinstituer des lieux d’éducation diversifiés qui aident à faire ou refaire des liens qui ne se referment pas car l’isolement est toujours un facteur d’inquiétude. C’est la tranche d’âge 16-18 ans qui demande le plus d’attention, avec le risque de tirer vers le haut ou vers le bas les projets et les propositions. Passer du rêve au projet est une tache d’éducation (les « micro expériences » parlées après coup sont alors précieuses). En France, il existe des lieux de raccrochage pour les « décrocheurs ». Malheureusement, ceux-ci sont trop liés à des territoires et à des disparités financières. On remarquera ici l’importance de l’associatif, le partenariat professionnels-bénévoles souvent difficile, et l’accueil de plus en plus positif des administrations vis-à-vis de ces bénévoles. Ces repères d’une relation éducative ont à tenir compte de la différence garçons-filles, du statut social et économique de la famille. Trop souvent, la position de l’adulte face aux jeunes est marquée d’inquiétude, alors que l’adolescent pour grandir a besoin de sentir auprès de lui comme une promesse. La peur et l’immédiateté font trop de pression. Pour un jeune (et sans doute pour chacun), le temps de se construire prend du temps ! Dans ce temps-là, les « médiations » sont indispensables. Fabriquer un objet quand on se sent vivre dans l’exclusion permet de retrouver une image de soi, le sens de son utilité… Assumer vis-à-vis d’un jeune d’être parlant et désirant quoiqu’il arrive, quoiqu’il en coûte, c’est aussi de la médiation… Autrement dit, avoir des réponses et être un répondant, c’est enfin la base d’une relation éducative. Il y a ainsi des soirées qui vous redonnent le goût de vivre et le goût des autres. Ce soir-là, nous étions nombreux à marcher sur ces chemins.

P.-S.

Un dossier remis par Francois Le Clère est à la disposition de ceux qui seraient intéressés par ce sujet : Eduquer à la responsabilité : la jeunesse une chance pour nous Articuler foi pédagogique et foi chrétienne dans l’action sociale Contacter Marie Claire Martin.

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